À retenir
- La saison suit le hareng, pas le calendrier ni l'année touristique.
- C'est de la fin de l'automne jusqu'aux mois les plus sombres que les poissons sont les plus concentrés.
- Autour du milieu de la journée, des heures de crépuscule bleu, et c'est magnifique.
- Des animaux sauvages en pleine mer. De bonnes chances ne constituent pas une promesse.
La saison dépend d'un poisson
Il n'existe pas de saison des orques au sens d'une période où les animaux décideraient d'être sociables. Il existe une période où plusieurs millions de tonnes de harengs se trouvent dans les fjords au nord-est de Tromso, et les baleines sont présentes exactement durant cette période.
Le hareng s'approche des côtes en automne, se rassemble dans les eaux abritées pendant les mois sombres, puis repart à la fin de l'hiver pour frayer plus au sud. Les baleines arrivent dans son sillage et repartent avec lui, et les bateaux d'observation des baleines naviguent tant qu'il reste quelque chose à trouver.
La question utile n'est donc pas de savoir quel mois est le plus beau. Il s'agit de savoir quelles semaines les poissons se trouvent de manière fiable dans les fjords, et la réponse est : durant la période la plus sombre de l'année.
Mois par mois, en toute honnêteté
La fin de l'automne ouvre la saison. Les poissons arrivent, les baleines les suivent, et les premières bonnes semaines peuvent être vraiment excellentes, avec davantage de lumière du jour qu'en fin de saison et moins de bateaux sur l'eau.
Le milieu de l'hiver est le cœur de la saison. C'est à ce moment que les harengs sont les plus concentrés et les plus installés, que les plus grands nombres d'orques et de baleines à bosse évoluent dans les mêmes fjords, et que les bateaux sortent avec le plus de régularité. C'est aussi la période la plus froide et la plus sombre, voilà le compromis.
La fin de l'hiver marque le déclin de la saison. Le hareng commence à se diriger vers ses zones de frai et les baleines se dispersent avec lui. Les jours rallongent rapidement et la lumière devient plus facile, mais les animaux sont moins concentrés et les observations moins certaines.
Au printemps, le rassemblement hivernal a disparu. Des orques sont toujours présentes quelque part dans les eaux norvégiennes, mais pas dans la concentration accessible et prévisible qui justifie une excursion d'une journée depuis Tromso.
À quoi ressemble vraiment la nuit polaire
Tromso se trouve bien au-dessus du cercle polaire arctique et, pendant plusieurs semaines autour du milieu de l'hiver, le soleil ne franchit pas du tout l'horizon. Certaines personnes réservent une sortie d'observation des baleines, s'en rendent compte après coup et paniquent.
Elles ne devraient pas. La nuit polaire n'est pas la nuit. Le soleil reste juste sous l'horizon, plutôt que très loin en dessous, et pendant des heures autour du milieu de la journée, le ciel se remplit d'un doux crépuscule bleu et rose, assez lumineux pour distinguer un fjord, voir un souffle au loin et photographier une nageoire dorsale.
C'est aussi, très simplement, la plus belle lumière de l'année. Un soleil bas qui ne se lève jamais crée un éclairage latéral, long et coloré, que la lumière du jour ordinaire ne peut égaler, et les photos prises dans ces conditions ne ressemblent à aucune autre photo de baleines.
En pratique, le bateau navigue pendant les heures utiles. Un départ tôt et un retour dans l'obscurité ne sont pas un hasard de planning : tout est organisé autour des quelques heures où la lumière est à son meilleur.
Le crépuscule bleu au milieu de la journée, ce que signifie la nuit polaire
La météo, et ce qui peut empêcher une sortie
C'est la mer qui décide. Une journée est annulée à cause du vent et de la houle, plutôt qu'à cause du froid, et l'hiver arctique offre son lot des deux.
Lorsqu'une sortie est annulée pour des raisons de sécurité, elle est remboursée, ce qui est la bonne formule et mérite d'être su avant de prévoir un itinéraire serré. Une sortie peut également être annulée si trop peu de personnes ont réservé.
Le conseil pratique est le même que donne chaque opérateur de cette côte : prévoyez plus d'une journée. Une seule date fixe pendant un hiver norvégien revient à parier sur la météo, et les personnes qui rentrent déçues sont presque toujours celles qui n'avaient qu'une seule occasion.
Si vous disposez de deux ou trois jours, les chances changent complètement, et vous gagnez aussi la liberté de choisir la journée calme plutôt que celle imposée par votre calendrier.
Quelle est la fiabilité des observations
Bonne, durant les bonnes semaines, mais jamais garantie.
Au cœur de la saison, avec un bateau qui atteint les bonnes eaux et y reste pendant des heures, la majorité des sorties permettent d'observer des baleines. C'est un taux réellement élevé pour la faune sauvage, rendu possible par le fait que les animaux se concentrent autour d'une source de nourriture plutôt que d'être dispersés dans l'océan.
Ce qui varie, c'est ce que vous verrez. Un groupe lointain en déplacement, un groupe en train de se nourrir pendant une heure près du bateau, des baleines à bosse plongeant dans un banc de harengs, ou un long après-midi gris avec des oiseaux, des montagnes et pas le moindre aileron. Tous ces résultats sont normaux pour une même sortie.
Tout opérateur qui promet des baleines promet quelque chose qu'il ne maîtrise pas. La version honnête est que le bateau va là où se trouvent les poissons, à la période de l'année où ils s'y trouvent, et y reste aussi longtemps que possible. C'est tout ce qui peut être proposé, et c'est déjà beaucoup.
Choisir votre mois
Si vous recherchez les meilleures chances de vivre une grande journée avec plusieurs espèces, venez au milieu de la saison et acceptez l'obscurité et le froid.
Si vous souhaitez profiter de davantage de lumière, voir des aurores boréales au cours du même séjour et vivre une expérience un peu plus douce, les périodes de début et de fin de saison constituent un compromis, le début étant généralement plus favorable que la fin.
Si vous venez complètement hors saison, réservez autre chose et profitez-en. Une croisière dans les fjords, une sortie en traîneau à chiens ou une soirée d'observation des aurores boréales sont toutes d'excellentes expériences en elles-mêmes, et aucune ne dépend d'un poisson qui a quitté les lieux.
