À retenir
- Haut et vertical : une baleine à bosse. Bas et diffus : une orque.
- Une grande lame noire, contre une petite nageoire sur une bosse.
- La baleine à bosse relève ses lobes caudaux pour plonger. L'orque ne le fait pas.
- Les orques remontent ensemble à la surface, en rythme. Les baleines à bosse sont plus dispersées et souvent seules.
Deux animaux qui n'ont en commun que leur déjeuner
Il est facile de les classer ensemble comme des baleines qui apparaissent dans le même fjord au cours du même mois, alors qu'elles ne pourraient guère être plus différentes.
L'orque est un prédateur à dents et le plus grand des dauphins. Elle chasse en groupe familial, capture des poissons individuellement et est capable d'une coordination complexe comme de grandes pointes de vitesse. La baleine à bosse est un cétacé à fanons qui filtre sa nourriture en faisant passer d'énormes gorgées d'eau de mer à travers les fanons de sa mâchoire. Elle voyage généralement seule ou en petit groupe lâche.
La baleine à bosse est bien plus grande : elle dépasse largement la longueur d'une orque mâle et pèse plusieurs fois son poids. Elle est aussi plus lente, plus lourde en surface et bien plus susceptible d'offrir un spectacle impressionnant, comme se projeter entièrement hors de l'eau.
Elles se rencontrent ici parce qu'elles mangent toutes deux du hareng, selon des méthodes totalement différentes, dans les mêmes bancs.
Le souffle, souvent le premier indice que vous percevez
Dans l'air froid, le souffle d'une baleine se condense, et la forme de ce nuage est le premier élément d'identification possible, souvent avant même que l'on voie quoi que ce soit d'autre.
Le souffle d'une baleine à bosse est haut et vertical, une colonne de vapeur qui peut s'élever de plusieurs mètres et persiste assez longtemps pour être bien visible. Par temps calme, on le distingue de très loin, raison pour laquelle les observateurs scrutent l'horizon plutôt que l'eau.
Le souffle d'une orque est bas, bref et diffus, un mètre ou deux tout au plus, et il se dissipe rapidement. Si vous avez du mal à distinguer un souffle alors que des baleines sont clairement présentes, ce sont probablement des orques.
Le son aide aussi. Lorsque les moteurs sont coupés, les deux espèces s'entendent à travers une étendue d'eau calme, mais l'expiration d'une baleine à bosse est plus grave et plus longue que le souffle sec d'une orque.
Des nageoires caudales dressées sur fond de ciel, ce que seul l'un de ces animaux fait
La nageoire, une fois l'animal visible
La nageoire dorsale ne laisse plus place au doute.
L'orque mâle adulte porte une haute lame noire et droite qui peut émerger de près de deux mètres hors de l'eau et paraît presque irréelle la première fois qu'on la voit. Les femelles et les jeunes ont une nageoire plus petite, recourbée vers l'arrière, mais elle reste nettement triangulaire sur un dos noir lisse, avec une selle gris pâle derrière elle.
La baleine à bosse a une petite nageoire, parfois à peine une bosse, posée sur une protubérance vers l'arrière de son très long dos sombre. Les proportions sont révélatrices : une immense masse animale qui défile, avec une modeste nageoire près de son extrémité.
La couleur aide par bonne lumière. Les orques sont nettement noires et blanches, avec une tache oculaire bien visible. Les baleines à bosse sont gris foncé à noires, avec une tête bosselée et d'énormes nageoires pectorales bordées de blanc qui, sous l'eau, brillent d'un turquoise pâle saisissant avant que l'animal n'atteigne la surface.
Leur comportement sous vos yeux
Observez pendant une minute : leur rythme vous en dira autant que leur silhouette.
Les orques remontent en groupe et souvent de façon synchronisée : plusieurs animaux émergent et soufflent à quelques secondes d'intervalle, puis replongent et remontent selon un cycle court et régulier. Un groupe en déplacement avance dans une direction constante et à une vitesse stable, avec une organisation évidente, car il est bel et bien organisé.
Une baleine à bosse remonte plusieurs fois de suite pour respirer, arque davantage son dos lors de la dernière remontée, puis s'enfonce pour une longue plongée. Le rythme est plus lent, avec de véritables intervalles, et il est bien plus facile de perdre l'animal de vue entre deux apparitions en surface.
La différence comportementale la plus fiable est la queue. Une baleine à bosse relève ses lobes caudaux hors de l'eau lorsqu'elle entame une plongée profonde, et le motif sur leur face inférieure permet d'identifier l'individu. Une orque ne fait pas cela. Si vous avez vu une queue se découper sur le ciel, vous avez vu une baleine à bosse.
Tout cela ne demande ni jumelles ni expertise. Il suffit d'observer le même animal pendant environ soixante secondes plutôt que de braquer l'appareil photo sur chaque éclaboussure. C'est la discipline la plus difficile à bord de tout bateau d'observation de la faune, et celle qui détermine ce que vous verrez réellement.
Lorsqu'elles évoluent dans les mêmes eaux
Le cas le plus intéressant est celui où les deux espèces sont présentes en même temps. Cela arrive régulièrement ici et mérite d'être compris, pas seulement apprécié.
Les orques concentrent un banc de harengs en une boule compacte. Une baleine à bosse qui arrive sur cette boule engloutit une énorme bouchée des poissons qu'elles ont rassemblés. Les orques ne peuvent pas l'en empêcher et, en général, n'essaient même pas.
Une observation mêlée signifie généralement que vous avez repéré une chasse d'orques avec un grand invité non convié, et non deux espèces qui cohabitent paisiblement. Cherchez d'abord les mouettes, puis les nageoires, puis le très grand dos sombre qui remonte au milieu de toute cette agitation.
Aucun des deux animaux ne représente un danger pour l'autre. Les orques d'ici mangent du poisson, et une baleine à bosse ne figure en aucun cas au menu d'une population spécialisée dans le hareng depuis des générations.
C'est aussi la réponse à la question que les gens posent lorsqu'ils apparaissent tous les deux en même temps : est-ce que quelque chose est sur le point de mal tourner ? Non. Ce sont deux prédateurs au même buffet, et l'un d'eux est nettement meilleur pour passer devant les autres.
